Marâtre versus Lautréamont

On parle beaucoup, ces derniers temps, du statut de l'auteur (voir cette notice éclairante produite par la toute jeune Ligue des auteurs par ici), des difficultés rencontrées pour faire de cette activité un métier...
Eh bien ces derniers temps, j'ai ressenti pas mal d'angoisse et l'idée m'a traversé que bientôt, eh bien j'aurais bien des difficultés à vivre de ma plume, même si je n'ai pas un train de vie hallucinant il faut le préciser.
Depuis l'été, je me suis donc démené comme un beau diable en me disant que j'allais parvenir, une fois encore (je me pose la question de la pérennité de mon activité professionnelle tous les deux ou trois ans, dans le meilleur des cas) à me remettre sur les flots afin de poursuivre l'aventure. L'envie aussi depuis un moment de tenter d'exercer mon métier différemment, d'arrêter d'alimenter la machine en surpubliant, de publier moins mais mieux... Enfin des questions d'auteurs quoi.
Après une grosse période de gris, d'incertitude, le ciel s'éclaircit... En même temps, un moment que je turbine au bureau pour pousser les nuages...
Deux bonnes nouvelles donc pour commencer, un brin liées, puisqu'en attendant fébrilement la réponse du Centre National du Livre, eh bien je me suis lâchement réfugié dans le travail pour m'occuper l'esprit et les mains...
J'ai terminé la première version d'un roman adulte dont je vous ai parlé plusieurs fois ici-même, construit autour du conte et du personnage de la marâtre. A voir si tout ça tient debout. Il est en lecture chez une éditrice et je devrais avoir un retour rapidement.
Le jour où je l'ai expédié pour qu'il soit lu, eh bien j'ai reçu une réponse positive du Centre National du Livre suite à ma demande de bourse de création destinée au développement d'un nouveau roman graphique qui prend pour base Les chants de Maldoror de Lautréamont. Cela va me permettre de dégager le temps nécessaire pour forer dans un matériau un peu âpre. Je m'en réjouis. Et je m'en réjouis d'autant plus que je développe tout ça avec Laurent Richard, compagnon de longue date et de longue route.
Voilà deux belles raisons de poursuivre... D'autres nouvelles à vous donner très vite sur d'autres projets à naître...
Avec tout ça, eh bien je vais m'accorder la semaine prochaine une semaine de congés pas payés, avant de replonger dans l'esprit d'Isidore Ducasse.

Commentaires