Avançant dans Marâtre

Plongé dans ce texte-là, plongé dans Marâtre depuis des mois, de retour en littérature adulte aussi j'espère, très bientôt, plongé dans Marâtre, à l'heure où je vois l'issue du texte commencer à se profiler, même si je sais encore que j'en suis loin, que je suis loin du compte, je me souviens des écueils rencontrés y a longtemps, vingt ans sans doute à peu près, et j'espère les avoir évités, ou mieux traversés plutôt pour en tirer les enseignements.
Il y a vingt ans, mon écriture à phrases courtes, sèches, un peu trop je pense, avec la liberté pour les lecteurs justement, de mettre leurs espaces entre mes lignes, leurs sensations. Comme une forme de rencontre. Mais au final, et je crois que l'éditrice qui m'avait fait cette remarque n'avait pas tort, tout cela était surtout de bonnes trames, de bons squelettes, mais cela manquait d'ampleur, de souffle. Je comprends mieux aujourd'hui.
En écrivant, c'est ridicule mais on veut se prouver des choses à soi-même aussi, qu'on est capable, et vite aussi, voilà tout le problème. La précipitation. Se dire qu'on a terminé alors qu'on vient de commencer. Alors que non surtout pas. Le temps de l'écriture, plutôt des années pour progresser, trouver les voix, les laisser s'épaissir, gonfler avant de retravailler, retailler. Espérer avoir progressé sur ce point après vingt ans de travail.

Le projet était bien celui-là. Après les avoir trouvées, longs temps de recherche, à l'affût, pour les entendre vraiment, laisser les voix s'épaissir, se développer, vider tout leur sac. Prendre le temps d'aller au bout avec elles. Finalement, sans les avoir apprivoisées tout à fait, les réduire au silence.

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