Le même souffle...




C'est toujours le même souffle qui se met en place, depuis des années. La même mécanique en branle pour avancer.

1. Attendre d'abord, être à l'écoute, attendre que ressorte tout ce qui a été engrangé en termes d'images, de sensations, de rencontres et que sais-je encore.

2. Sentir que c'est le moment, qu'il est impossible de différer l'arrivée de la voix qui perce, qui sourd.

3. Elaborer un minimum de plan mais pas grand-chose au fond, juste une intention, un cadre, flous, souples.

4. Ouvrir alors portes et fenêtres en grand et laisser la voix prendre de l'ampleur, des détours, jusqu'à la perdre. Ouvrir vraiment longtemps pour être sûr qu'on ne laisse rien, qu'on racle tout, la moindre miette de ce qui pouvait sortir. Là, ne pas se précipiter. C'est le plus délicat. Ne rien oublier surtout.

5. La voix, la faire aller d'un point à l'autre. Viser un point au loin où il sera possible de marquer une pause pour éviter l'épuisement.

6. Il y a le premier flux qui vient, assez facilement. On est plongé dans la voix qu'on a identifiée ou plutôt, on parle avec cette voix qui est la nôtre sans l'être, gorgée d'un autre, de plusieurs, parce que tout se contamine.

7. Passer au stade du tri, de la réécriture. Désherber.

Je procède toujours de la même façon.

C'est ça qui m'anime, être plongé dedans, dans les voix, comme on traverserait des paysages, des personnages en étant chacun d'eux, l'un après l'autre ou en même temps.

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