mardi 1 novembre 2016

Résidence Argentan : billet 5

Hier, j'ai passé un moment à discuter de mon projet avec Patricia Hamon, correspondante locale pour Ouest-France et professeur de français au lycée Mézeray d'Argentan. À une moment, cette dernière en est venue à m'interroger sur le sens du titre, Nanaqui.
Une fois encore, cette résidence me permet de me poser des questions, me force à formuler et éclaircir certaines zones. C'est une bonne chose à mon avis.
Sur la photo présentée ici, vous pouvez voir Artaud à l'âge de 5 ans avec sa sœur Marie-Ange. Nanaqui était le surnom que lui donnait sa mère. C'est le titre que j'aimerais donner à ce roman graphique.
Bien plus tard, peu avant sa disparition, Artaud se fit appeler Artaud le mômo. Quel sens donner à ce "surnom" ? On pourrait penser, à raison, avoir à chercher du côté de la folie. Artaud le toqué en quelque sorte. Ce mot désigne en réalité un enfant, du côté de Marseille où Artaud est né et a grandi. Retour à l'enfance, après toutes ces années d'errance, de terreur, d'incapacité à être, s'incarner ? Sans doute pas. Ou pas seulement. N'empêche que cette dimension est présente également dans l’œuvre et dans l'être qui se débat ici.
Il y a toujours chez Artaud des comportements extrêmes, la cohabitation impossible d'une chose et de son contraire. Artaud est mort plusieurs fois et il est donc immortel. Artaud fait preuve d'une maturité glaçante et en même temps, il gesticule, se tient mal, joue de mauvais tours. Voilà ce qui le rend fascinant.
Merci Patricia de m'avoir mené vers cette réflexion. D'autant que cela tombe au bon moment.
En effet, je suis très heureux aujourd'hui parce que je viens d'achever la scénarisation et le découpage des 16 premières planches qui correspondront aux deux dernières années de vie d'Artaud.
Artaud est mort, je vais pouvoir m'occuper dorénavant de la deuxième partie, consacrée à son enfance. Au travail !

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