jeudi 6 octobre 2016

Résidence Argentan, billet 3

Comme je vous l'indiquais au début de la semaine, le travail de séquençage/découpage a commencé. Quelles images conserver une fois toute la documentation digérée ? Quelles séquences ? Comment articuler une fiction à partir des éléments biographiques d'Artaud, trouver un rythme juste ?
J'entre dorénavant dans ce que je préfère, c'est-à-dire avoir les mains dans le cambouis, ou plutôt dans l'encre. Écrire, gommer. Revenir. Reprendre. Trouver. Je travaille sur un format A3 pour poser tous les éléments des planches. Je trace des cases et je les remplis d'indications. Cela me donne la sensation de dessiner, en quelque sorte.
L'homme que vous voyez sur la photo est un des personnages-clés de cette partie de la vie d'Artaud. En effet, l'écrivain Henri Thomas (et sa femme Colette) sont allés voir Artaud à l'asile de Rodez. Il fait partie des personnes qui se sont battues pour le sortir de l'asile.
Plus je lis les romans de Henri Thomas et plus je m'aperçois qu'il est un auteur immense, assez méconnu malheureusement. Sa poésie me touche moins mais ses romans sont d'une force...
J'ai relu hier Le Promontoire, paru en 1961 chez Gallimard. Prix Femina. Lente descente aux enfers d'un homme aux prises avec l'inertie d'un lieu, de ses habitants. Il se laisse descendre, sans capacité à prendre le dessus. La langue est exacte. Ce roman est d'une grande puissance. Par certains côtés, il me rappelle l'Étranger de Camus. Cette triste incapacité à faire partie du monde, cette solitude inguérissable. Si vous n'avez jamais lu ce livre, ruez-vous dessus. Les principaux romans de Henri Thomas sont disponibles dans la très précieuse collection Imaginaire Gallimard (Le promontoire mais aussi John Perkins, Le Précepteur, La nuit de Londres...)

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