lundi 9 mai 2016

Emmanuel Régniez : Notre château

Parfois, on lit un bon roman. Un truc bien ficelé. Avec des personnages attachants. Des événements. Des revirements. On lit et ça passe. On oublie. Tout cela tient plus de l'artisanat que de l'art. Un savoir-faire. Un savoir-ficelé.
Ce n'est pas nouveau. Cela me refait penser à l'article de Gérard Mordillat paru il y a quelques mois dans le Monde diplomatique sur le peu d'intérêt qu'on devrait porter au thème d'un roman. C'est un roman sur quoi ? On s'en fiche après tout. Gérard Mordillat a raison. Ce qui compte, c'est bien le combat que l'auteur aura mené avec la langue, ses personnages...
Il y a une éternité, quand j'étais à la fac, le ténébreux Bertrand Marchal dirigeait une UV de littérature consacrée à la poésie. Professeur magnifique ! Premier cours. Eh bien tout bêtement, il avait demandé aux étudiants de bien vouloir définir ce qu'était la poésie ? Pas facile...
Quand on lit Notre château, la littérature, eh bien on met les deux pieds dedans. Parce qu'on entend une voix à l'intérieur. Lancinante. Une voix qui semble tâtonner, se répète, détaille. Des références aussi qu'on cueillera ou non au passage, puisque Notre château s'inscrit dans un genre et se nourrit d'une part de passé. C'est un roman gothique avec de l'inquiétude, de l'angoisse, un peu de sang et des fantômes. Difficile à définir ce qui rend Notre château aussi fascinant.
Juste que cela confirme aussi à quel point Le Tripode est un éditeur audacieux, curieux... enfin comme devraient l'être tous les éditeurs (ah ah ah).
Ils vivent dans leur château tous les deux. Un frère et une sœur. Isolés du reste du monde. Avec un quotidien réglé à la minute, au millimètre, jusqu'au jour où...
La littérature se tient là. Une réalité augmentée assurément. Des livres aussi beaux que celui-là, on aimerait en lire plus souvent.

Emmanuel Régniez : Notre château. Le Tripode. 140 pages. 15 euros.

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