jeudi 19 novembre 2015

Là où je vis

Partout la haine. Enfin presque partout. Dans ce qui s'est passé vendredi dernier, bien entendu. Mais aussi dans les centaines de réactions qu'on lit ici et là. On a abattu untel hier apparemment. Et certains écrivent qu'ils sont vengés, d'une certaine façon, sur les réseaux sociaux. C'est à vomir. La haine palpable aussi, en permanence, dans la bouche des militants toujours un peu plus nombreux du Front National. Comment peut-on écouter ces discours, quand on sait que monsieur Le Pen a été éditeur de chants nazis ? Même si je peux comprendre la déception des électeurs des autres partis. De droite comme de gauche. Oui, tous les mêmes. Je suis d'accord avec vous. Avides de pouvoir , payés des dizaines de milliers d'euros quand on vous demande de vous serrer la ceinture, cumulards, malhonnêtes, menteurs. Et les dirigeants du Front National ne font pas exception à cette règle.
Dans un pays où il y a un peu plus de trente ans, on a aboli la peine de mort, arguant du fait que tuer un meurtrier faisait de nous des meurtriers, il n'y a pas de place pour la haine. Il n'y aura jamais de place pour la haine.
Si je vis là où je vis, c'est que j'ai trouvé ici, une vraie communauté. Et que j'ai la sensation aussi qu'ici, les gens sont accueillants.
Alors que les radios matraquent à longueur de journée, relaient les déclarations de nos gouvernants qui disent "Nous sommes en guerre", sans jamais énoncer ne serait-ce que le moindre doute sur ce que leurs politiques ont pu être depuis des années, sans jamais s'interroger sur le fait que ces jeunes partis faire le Jihad sont les enfants et petits-enfants d'immigrés venus travailler en France et que notre société de la performance et du fric n'a jamais intégrés. Que ces jeunes-là ont tous le même parcours ou peu s'en faut. Échec scolaire, petits délinquants puis grands délinquants. Avec des peines de prison à la clé et sans perspective d'avenir. Comment s'étonner alors que certains d'entre eux partent se faire bourrer le crâne, se faire conditionner en Syrie et reviennent, Kalachnikov à la main, pour mourir en martyrs ? Ouvrons les yeux. C'est notre société qui est en cause. Son fonctionnement. Cette démocratie représentative aussi, bonne à mettre à la poubelle.
Si je vis là où je vis, c'est que j'y ai trouvé des gens accueillants. En milieu rural, une commune incroyable, avec une marée de personnes cherchant le mieux vivre ensemble par tous les moyens, avec des valeurs essentielles. J'ai tous vos prénoms à la bouche. De belles personnes venues d'ici et là. L'endroit où je vis, je l'ai fait mien. Et c'est la première fois de ma vie que je me sens chez moi. Parce que ce chez moi c'est aussi chez les autres.
Tout n'est pas rose, sans doute, ici, mais enfin bien des valeurs humaines nous remuent et nous unissent avec nos différences aussi.
C'est de ça donc on devrait parler. Le vivre ensemble. Tous. Avec nos différences. Nous avons tous besoin de ces sourires, de cette douceur.
Et on ne peut pas répondre à la haine par la haine ou par les bombes.
Je ne me suis jamais senti français. Citoyen du monde oui bien sûr.
Ne changez rien les amis. Mes amies et amis de là où je vis. Je vous aime.

4 commentaires:

Sardine a dit…

Merci pour ce beau texte, Benoît !

Je suis totalement d'accord avec toi : il n'y a pas de place pour la haine... et tellement mieux à faire !

Benoît BROYART a dit…

Merci pour ta lecture et ta bienveillance, Sandrine.

Séverine Vidal a dit…

et toujours plus vive est l'envie de venir vous rejoindre "là où tu vis" (mais je ne dis pas le nom sinon les gens vont venir vous embêter).
bises et merci pour ce beau texte Benoït.

Benoît BROYART a dit…

Avec plaisir, Séverine. Merci pour ta lecture.