mardi 25 août 2015

Ce qui est donné ?

Je me pose souvent ces questions. Quels éléments nous sont donnés, dans l'écriture ? À partir de quel matériau travaillons-nous ? Et quelle position adopter pour obtenir la base de travail la plus fiable, la plus riche, la plus prometteuse ?
L'écrivain est-il un observateur ? Carnet à la main, prêt à saisir les idées qui le visiteraient, le traverseraient. Un regard acéré. Observer la réalité, les corps autour de nous. Les visages. Tenter de les fixer. De faire aussi, parfois, des morceaux de fiction avec ces morceaux de corps.
Ou alors, la voie est tout autre. Il s'agit, et ça je l'ai cru longtemps, très longtemps, de creuser en soi seulement, de modifier des pans de sa mémoire, de régler ses comptes en somme. Tout est à prendre à l'intérieur. Tout est là.
Difficile de trancher. Et à quoi bon, sans doute, finalement, tenter de théoriser un processus, une cuisine propre à chaque écrivant.
Mais tout de même, à l'heure où je me replonge dans les pages d'un roman adulte esquissé à l'automne dernier, je cherche des réponses à ces questions. Afin d'avancer sans crainte. Avec moins de complexes aussi. Non parce qu'à force, l'auteur étiqueté "jeunesse" en attrape quelques-uns des complexes. Comme s'il devait y avoir deux sortes de littératures au moins. Et comme si les livres pour enfants devaient être des sous-livres.
Impossible de trancher sur la position à tenir. Juste l'envie, là, de poursuivre le fil de la vie de deux personnages créés l'année passée déjà. Juste parce qu'en relisant ce petit ensemble de dix pages, je me dis que ça vaut la peine, sans doute, de se remettre au travail. Alors allons-y et sans position privilégiée. On verra bien. Tenter au moins. Se jeter dedans.

6 commentaires:

Clarisse a dit…

Sans crainte.... Avance !

Benoît BROYART a dit…

Merci Clarisse pour tes encouragements !

catherine Latteux a dit…

Mais oui reprends ton roman...pourquoi se mettre des barrières?

Benoît BROYART a dit…

Merci Catherine !

Séverine Vidal a dit…

je comprends très bien ce que tu ressens, Benoît !

Les complexes, le côté moins spontané. Finalement, à force d'entendre le très con ; "alors, quand est-ce que tu nous sors un livre pour adultes ?", ça finit par nous bloquer.

Bises à toi l'ami !

Benoît BROYART a dit…

Bah oui ! Mais bon, je résiste hein. Donc on verra bien.

Merci pour ton message, Séverine, et bises à toi aussi.