mercredi 21 août 2013

Stéphane Servant : Le cœur des louves

Après avoir lu et aimé ses deux précédents romans (Guadalquivir et Souviens-toi de la lune), connaissant l'homme aussi, j'avoue que j'attendais Le cœur des louves avec une belle impatience. Un peu d'appréhension aussi. Non parce qu'il faut taper très haut après ça !
Où donc Stéphane allait-il m'emmener cette fois-ci ? Et par quelle(s) voix serais-je emporté, surtout ?
Parce que je continue à penser que dans le domaine de la littérature jeunesse, elles sont rares finalement. C'est un peu gonflé, je sais. On me dira que je crache dans la soupe, officiant moi-même dans ce secteur. Enfin bon. Les voix dans le roman jeunesse, je les compte sur le bout de mes doigts. Les pas formatées.
Mais c'est sans doute un faux débat. Puisque du côté de la littérature "tout court", c'est la même chose en somme. Du formaté, on en débite à la pelle.
La littérature se cache heureusement un peu partout et déborde des cadres éditoriaux. C'est plutôt une bonne nouvelle.
Donc je suis entré à pas feutré dans Le cœur des louves et c'est peu de dire que j'ai été impressionné, porté, ému par les voix qui vivent dans ce roman. Trois voix féminines en plus. Trois voix féminines portées par un seul romancier. Belle performance ! Trois générations de femmes. Un village. Le poids du silence dans les familles. Et au centre, une ado qui cherche des réponses à ses questions. Elle s'enfonce progressivement dans les secrets, tire un à un les fils, fait face.
C'est dense, fort, rythmé et maîtrisé de bout en bout. Chapitres courts et mouvement permanent.
Des images qui marquent, des fulgurances et une écriture vraie, à vif. De celles que j'aime en somme.
"Mais elle était de ces vieilles femmes qui ont dans le cœur un éclat de nuit qui les pousse à marcher à côté du monde."
Un des événements de la rentrée, sans aucun doute. D'ailleurs, j'ai déjà lu ici ou là des billets  élogieux. C'est plus que mérité. Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Le cœur des louves arrive aujourd'hui en librairie.

Stéphane Servant : Le cœur des louves. Le Rouergue. 544 pages. 17,50 euros.


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