vendredi 7 juin 2013

André Hardellet : Donnez-moi le temps suivi de La promenade imaginaire

Belle idée que de proposer en un seul volume, les deux derniers textes d'André Hardellet. Ils sont bâtis en effet sur le même modèle, celui de l'essai autobiographique.
Déambulation dans les lieux de l'enfance, retours sur les mécanismes de la mémoire qui ont toujours obsédé l'auteur. On se promène avec grand plaisir en suivant les pas d'André Hardellet comme ceux d'un ami de longue date. Le rêve occupe aussi une place importante, un peu partout. "Ce qui me retient, c'est l'extraordinaire aventure de l'homme qui, pendant le sommeil, passe dans un autre régime temporel, chausse les bottes de sept lieues et absorbe en quelques secondes l'espace de huit jours éveillés. Déjà craque et se fendille le carcan que nous imposent les chronomètres et les horloges : le Temps devient la durée dont nous avons besoin, s'adapte à ceux que nous sommes."
Hardellet véhicule une belle nonchalance. Toujours juste. Aucune recherche d'une quelconque efficacité narrative. Il y a sans doute des ponts à établir entre Hardellet et Calaferte. L'un et l'autre, à un moment dans leur œuvre, ont abandonné la forme romanesque, parce qu'ils y étouffaient un peu sans doute. Et c'est à partir de là qu'ils ont construit la part la plus personnelle de leur œuvre. Il y a ça aussi, dans l'écriture : la recherche d'une forme véritablement adaptée. Et pour y parvenir, il faut parfois fuir les codes établis. Calaferte a choisi de donner dans l'autobiographie en proposant des textes fragmentaires sur la frange du fantastique et Hardellet est devenu, au fil des années, un professionnel de l'autobiographie déambulatoire.

André Hardellet : Donnez-moi le temps suivi de La promenade imaginaire. Imaginaire Gallimard. 182 pages, 9,50 euros.

Aucun commentaire: