lundi 22 avril 2013

La reine de la nuit


"Oui, c’est vrai, la première fois que je suis allé au planétarium, j’ai cru qu’on s’était envolés pendant la séance. Le haut du bâtiment était comme une boule de glace qui aurait dépassé de son récipient, ça m’a fait penser à une soucoupe volante. Et alors ? J’avais quatre ans. C’est l’âge du bigorneau aujourd’hui. De Nadia, ma petite sœur. Je la surnomme le bigorneau parce qu’elle se colle un peu trop souvent à ma jambe comme si j’étais un rocher. Et je suis bien placé pour le savoir, à quatre ans, on croit n’importe quoi. Je raconte beaucoup de bobards énormes à Nadia. Elle ouvre chaque fois de grands yeux étonnés avant de s’apercevoir que c’est une blague.
— Tu vois, là, sur le trottoir, la crotte de diplodocus. Elle est grosse, non ?
Il faut bien que je trouve quelques avantages à être grand frère.
À force, ça me lasse d’entendre mes parents raconter l’histoire du planétarium. Dès qu’on a des invités, je suis sûr d’y avoir droit. J’en ai par-dessus la tête. Surtout que papa est un spécialiste de la répétition. Un sourire aux lèvres, en croyant faire dans la nouveauté, il se lance et rabâche mot pour mot la même chose, depuis plusieurs années.
— Tu te souviens. Quand tu avais quatre ans, Félix, on est allés au planétarium et tu as cru qu’on avait voyagé dans l’espace..."

Pour vous mettre, je l'espère, l'eau à la bouche, voici le début de La reine de la nuit, dès aujourd'hui en librairie. Un roman à lire à partir de 9 ans, et bien au-delà aussi, dans la collection Court-métrage, chez Oskar éditeur, coûtant la somme relativement modique de 5 euros. Qu'on se le dise !

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