mardi 24 avril 2012

Mathis : Les fils de l'ogre

Ce qui me touche, très souvent, chez Mathis, c'est sa capacité à préserver quelques îlots de tendresse, d'amour, de fraternité, enfin de valeurs humaines et positives. Comment sortir la tête de l'eau quand tout autour de vous, la famille fait le nécessaire pour qu'il en soit autrement ?
Et puis au-delà de ça, bien sûr, il y a l'écriture de Mathis, directe et toujours juste.
Les fils de l'ogre paraît aujourd'hui dans la collection Nouvelles chez Thierry Magnier, dirigée par Mikaël Ollivier. Les douze textes qui composent le recueil ont les mêmes protagonistes : Fred et Max, leur père alcoolique, violent et dépressif et leur mère.
Douze instantanés dépeignent le quotidien des deux frères. Ils sont enfants, ados, jeunes adultes et toujours tyrannisés, humiliés, frappés par l'ogre jusqu'au retournement de situation. Les deux frères ont grandi et leur père ne leur fait plus peur. Il n'était pas si démesuré, finalement. Il profitait surtout de la terreur qu'il était capable d'entretenir, un temps.
La construction du texte de Mathis est admirable parce que l'auteur est parvenu à envisager tous les âges, en  rendant à chacun le son qui lui est propre. On songe à Calaferte, celui qui à partir de Portrait de l'enfant, avait décidé de proposer une sorte d'autobiographie éclatée, sous forme de fragments.
Les fils de l'ogre, c'est dur et ça bouscule à chaque page. Ici, ce sont des îlots de résistance que Max et Fred construisent pour évoluer en milieu hostile. Un texte nécessaire.

Mathis : Les fils de l'ogre. Collection Nouvelles. Éditions Thierry Magnier. 178 pages. 10,10 euros.

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