mercredi 18 avril 2012

Henri Calet : La belle lurette

J'ai trouvé il y a quelques semaines au fond d'un carton, dans un vide-grenier, un exemplaire de La belle lurette et quelques autres merveilles aussi, le tout jauni, le tout pour une bouchée de pain.
Bien sûr, j'avais entendu parler de Calet, de son premier livre surtout publié en 1935, autobiographique, qui s'appuie sur l'enfance assez misérable qu'il a passée dans le Paris d'avant 1914. Mais jusque-là, je n'avais pas lu.
C'est fait. La belle lurette ne prend pas de détour.  C'est direct. Ça prend l'air d'y aller rapidement, comme ça, et puis ça vous saisit avec une force ! Simplicité, dépouillement et humour implacable. Difficile de vous faire profiter d'un seul extrait. Ou alors au hasard un peu. Tout est bon et puissant. Capté à hauteur de l'enfant que Calet a dû être, sans aucun doute.
"Les bonnes heures, je les vivais dans la pénombre d'un grenier, sous le toit. Enveloppé dans mon caban, mes cheveux noirs couverts d'un chapeau de femme, un feutre gris à larges ailes, je m'asseyais contre une poutre, dans la poussière de ce réduit sans air où, divers et hors d'usage, s'entassaient des ustensiles.
En ces instants secrets, j'avais une vie toute plate, contre la terre. Je recommençais tout dans un paysage de jouets d'enfants, en carton. Mes belles histoires, je les faisais moi-même. Maman n'avait pas le temps."

Henri Calet : La belle lurette. Imaginaire Gallimard. 215 pages. 8,15 euros.

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