mardi 11 octobre 2011

Jean-Pierre Martinet : L'ombre des forêts



Les personnages de L'ombre des forêts évoluent dans une solitude et une nuit totales. Comme l'œuvre romanesque de Beckett, celle de Jean-Pierre Martinet est sans issue, sans rencontres, concentrée sur une conscience aiguë et insuportable de la vie, sensationnelle assurément.

"Pendant longtemps, la reptation m'a procuré une joie étrange. J'avais l'impression de voir le monde différemment. Par exemple, lorsqu'on rampe les gens ne sont plus terrifiants, mais tout simplement grotesques. Le problème, c'est de ne pas se faire écraser comme une vulgaire limace. Finalement, il y a trop de danger. Impossible de faire confiance aux hommes. Dès qu'ils vous sentent différent, ils vous écrabouillent."

Telle est la littérature heureusement. Un espace parallèle au réel. La réalité transfigurée, la réalité livrée ici poignante parce qu'on la dirait profondément malade. L'œuvre de Martinet est d'une puissance et d'une limpidité rares.



Jean-Pierre Martinet : L'ombre des forêts. La Table ronde, Petite Vermillon. 256 pages, 8,50 euros.

2 commentaires:

Francesco Pittau a dit…

Beckett a de l'humour (à froid)... Martinet, on dirait bien que non... J'ai lu y a longtemps un texte de lui paru chez Guégan...

Benoît BROYART a dit…

D'accord avec toi, Francesco, sur l'humour de Beckett. Maintenant, il y a entre les deux univers des ressemblances au niveau du climat en place. Moins de travail sur la langue, du côté de Martinet, c'est indéniable. Moins de génie, sûrement. Mais enfin, je ne connaissais pas encore l'univers de Martinet et franchement, il porte une singularité que j'apprécie.