jeudi 27 octobre 2011

Chercher, trouver le rythme

J'aime par dessus tout le moment où je cherche ce que sera le rythme d'un texte, sa pulsation, ce que sera la tessiture de la voix sur le point de naître. Je passe alors par un nombre incalculable de reprises, de variations. Je cherche longtemps.
Finalement et depuis une éternité au moins, la voix m'importe bien plus que l'histoire. Et si on parvient à la rendre suffisamment humaine, de toute façon, elle aura bien quelque chose à raconter, de chair, d'os et de sang.
C'est un enjeu important pour un auteur jeunesse, je crois, de tenter d'imposer la prédominance de la voix. C'est que de l'autre côté, ils sont nombreux les éditeurs à attendre qu'on leur serve une histoire bien troussée, avec des péripéties, avec des clichés aussi. Comme si les enfants n'avaient pas le droit, eux aussi, de se confronter à des voix, d'être émus ou bouleversés. Pas de pédagogie dans la littérature donc. Des émotions oui, plus que jamais. Des rires, des larmes, de la tendresse, de la révolte qui prouvent que nous sommes bien vivants.

4 commentaires:

Sardine a dit…

Aaaaah! Décidément ce sont mes billets préférés, ceux-là!
Qu'il est bon de te lire dans les coulisses de ta création!
Merci encore Benoît de partager ça avec nous.

Nanou a dit…

Pareil que Sardine ! Tes recherches sont émouvantes !

Benoît BROYART a dit…

Merci Sandrine... Merci Anne pour votre enthousiasme.

Cécile Alix a dit…

Ah, entièrement d'accord ! J'écris à haute voix ! Parfois, même je chante ce que j'écris sur un air qui convient... (un peu ridicule, mais je fais ça en m'assurant de ne pas être sur écoute !)
La musicalité, les sonorités, c'est essentiel !
(Flaubert avait bien un "gueuloir !")