vendredi 16 septembre 2011

La Chienne de Jean Renoir



Il y a deux ans, j'avais rencontré Jean-Marc Mathis à Hazebroucq lors d'un salon. Il m'avait parlé de ce film de Jean Renoir tourné en 1931. Je l'aime bien, moi, Jean-Marc Mathis. C'est quelqu'un de très talentueux et de très généreux et puis il est un peu sauvage aussi. Et j'aime bien les gens sauvages, qu'on sent à vif en dessous. Bref. J'ai enfin suivi son conseil et hier soir, j'ai regardé ce magnifique long-métrage. L'histoire est glauquissime et les comédiens merveilleux, Michel Simon en tête. Les visages surtout ont des expressions incroyables. Le muet n'est pas si loin. J'aime l'époque que Renoir filme. Celle du Paris d'entre les deux guerres. On pourrait voir Fréhel ou Marianne Oswald pointer le bout de leur nez quelque part. Franchement, j'ai rarement vu un film aussi noir et aussi beau à la fois. Un drame en somme. Un drame avec des rebondissements incroyables pour aller toujours voir plus bas dans les bassesses humaines. Difficile de vous donner le pitch. D'ailleurs on s'en fiche. Mais si vous ne connaissez pas cette merveille, foncez. Je ne dirai pas les yeux fermés, ce serait stupide... Dans le même genre, j'ai lu une fois une phrase et j'ai hurlé de rire. Quelqu'un écrivait qu'il fallait lire Christian Bobin les yeux fermés. Ah ah ah ! Bon, je m'égare. Et je ne suis pas un grand fan de Christian Bobin, mis à part quelques textes de ses débuts. En tout cas Jean-Marc, si tu as d'autres suggestions cinématographiques à me faire, n'hésite pas. Je suivrai tes conseils les yeux grand ouverts.




La Chienne de Jean Renoir (1931). Avec Michel Simon et Janie Marèze.

2 commentaires:

Francesco Pittau a dit…

Pour Bobin, ni avant ni maintenant. Pour ce qui concerne "la chienne", faut quand même dire que ce film est un manifeste misogyne comme il y en a peu (j' suis un grand admirateur de Renoir mais là, franchement, j'ai eu du mal). A part ça, quand on sait que Michel Simon était vraiment follement amoureux de l'actrice principale, qui se refusait à lui, tandis qu'elle était amoureuse dingue de l'autre comédien... et que tout ce beau monde est mort quinze jours après le tournage dans un accident de voiture, ce qui a rendu Michel Simon fou de douleur, on regarde le film autrement.
Ah oui, Fritz Lang en a fait un remake dans les années quarante avec Edward G Robinson, "La Rue Rouge".

Benoît BROYART a dit…

Bonjour Francesco,
Merci pour ces éclaircissements. J'ignorais tout ça.
Oui, je suis d'accord sur le côté "manifeste misogyne". Mais même si le message délivré est répugnant, c'est un très grand film.