lundi 16 mai 2011

Lettre à Henri Thomas





Cher Henri Thomas,



un long moment déjà que je pratique votre œuvre. Chaque fois que j'entame un de vos romans (ces jours-ci, Le parjure), je suis saisis par la proximité existant entre les pensées de vos personnages et les miennes. C'est peu de dire que votre univers me parle. J'ai la sensation de m'y plonger complètement. N'ayant plus d'ailleurs, au final, ni l'envie ni la possibilité d'en revenir. La sensation peut-être même d'y exister déjà avant même d'y entrer. C'est curieux et assez difficile à expliquer.



Il y a chez vos personnages une fragilité qu'on ne distingue pas trop d'abord, et partout aussi, ce qui me touche beaucoup, des petites fractures, des micro-fissures. C'est cela qui m'émeut le plus, je crois, cette réalité toujours sur le point de s'effondrer, cette suffocation permanente chez vos personnages sans qu'ils en laissent rien paraître. Ces chancellements. Et paradoxalement, on dirait que vous tirez une force des ces chancellements, un équilibre. J'aimerais un jour parvenir à de telles intensités dans la narration.



Bien cordialement,



Benoît

2 commentaires:

Sardine a dit…

Elle est belle, ta lettre, Benoît...

Benoît BROYART a dit…

Merci Sandrine