jeudi 21 avril 2011

Eduardo Antonio Parra : Les limites de la nuit




Mesurer les frontières de la nuit. Saisir de quoi la chair de la nuit est composée. En extraire la pulpe.


Avec une maîtrise parfaite du texte court, de sa possible rapidité narrative, des ces chutes abruptes, Eduardo Antonio Parra brosse en neuf nouvelles un portrait saisissant de la région frontalière du Nord du Mexique.


Obscurs, les bars et les rues où les personnages se noient dans la contemplation des prostituées. "Elle avait appris très jeune à percevoir la contraction des pupilles, le cillement d'yeux irrépressible et le tremblement dans la voix de ceux qui veulent quelque chose."


Obscur, le cœur des hommes recherchant un plaisir violent et immédiat. Hommes prêts à tout pour cela. "Le plaisir s'épuise parce que c'est dans sa nature : aussi faut-il l'accumuler, l'amasser comme une richesse sous le lit de la mémoire. Sinon, il est semblable à la douleur, la nôtre ou celle d'autrui : il arrive un moment où elle s'évanouit."


D'autres fulgurances en jeu également ici. Entre autres, la longue agonie d'un conducteur accidenté, incarcéré dans son véhicule, renonçant peu à peu avec bonheur à la vie, jusqu'aux dernières phrases du texte qui ne le feront pas forcément basculer là où il l'aurait souhaité.


Les limites de la nuit impose, avec une grande force visuelle, une beauté sombre et souvent pleine de sang. Meurtres, vengeances, impasses presque toujours. Authenticité surtout. Et la voix d'Eduardo Antonio Parra est à découvrir d'urgence.




Eduardo Antonio Parra : Les limites de la nuit. Zulma. 210 pages, 18 €

1 commentaire:

Anonyme a dit…

vous fete jamais gratuitement