vendredi 14 janvier 2011

Porosité


J'ai souvent employé le terme de porosité dans ce blog. Il me paraît essentiel. La porosité. Notre capacité ou non à faire barrage face au monde, à ce qui nous entoure. Notre capacité à le laisser entrer en nous.
Je termine Shining de Stephen King. Le sujet est celui-ci. Tout est poreux dans ce texte à l'efficacité narrative exceptionnelle (Kubrick ne s'y est pas trompé). Tout déteint, s'interpénètre jusqu'à l'horreur. Lieux et être humains.
Je regarde depuis quelques semaines la série Dexter. Même sujet. Le personnage principal se présente comme insensible, incapable de ressentir la moindre émotion. Mais progressivement, à mesure que les épisodes défilent, il se découvre davantage poreux. Le scénario est fascinant.
Tout cela me rappelle un livre que j'avais beaucoup aimé il y a quelques années, du norvégien Nikolaj Frobenius. Le valet de Sade. L'histoire du valet du marquis, insensible à la douleur. Je repense également au Parfum de Süskind.
Tout cela remue en moi quelque chose de familier, rejoint aussi tout ce qui touche à la folie, aux décalages entre réalité et perception de la réalité.
J'aimerais beaucoup écrire sur ce sujet. Le décalage. Cette incapacité au monde. Ce replis.
En tentant de tirer les leçons de mon précédent projet adulte, Le goût du plâtre, qui n'a pas trouvé de maison et qui, je le crains, n'en trouvera pas, je vais commencer à construire un nouveau projet de roman adulte. Et très bêtement, je viens de trouver la structure idéale qui, si elle n'est pas originale, me permettra de progresser dans la recherche des images avec une relative sérénité. Pour cette nouvelle expérience, le maître mot sera aussi de prendre le temps nécessaire afin d'arriver à bon port. Pour l'instant, quelques notes suffiront. Et la poursuite en parallèle de tout ce qui m'occupe actuellement, principalement Erik et Ronan que j'ai déjà largement évoqué ici.

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