mardi 11 janvier 2011

Ponts

À l'université, j'avais beaucoup aimé la littérature comparée. C'était fascinant, parfois, de trouver entre telle et telle œuvre des similitudes troublantes, des échos, des angles différents pour évoquer la même chose. Je me souviens d'un cours où nous avions comparé Le désert des tartares de Dino Buzzati et Le rivage des Syrtes de Julien Gracq, deux œuvres magnifiques sur l'attente, la guerre. Merci en passant à Claude Murcia, professeur fantastique et merveilleuse traductrice de l'œuvre de Juan Benet, entre autres.
En marchant hier (depuis le début de l'année, je m'astreins à une promenade quotidienne d'une heure parmi les arbres ; c'est bien le moins qu'on puisse faire pour parvenir à dénouer un peu au moins tous les liens qui forment un texte ou plusieurs en même temps ; faire de la place, un peu de ménage dans les méninges), je repensais à deux livres qui sont pour moi fondamentaux. Je les ai sans doute déjà évoqués ici. Il y a effectivement des liens évidents entre Portrait de l'enfant de Louis Calaferte et Où sont les enfants de Simona Vinci. Tous deux se posent la question d'une certaine cruauté, d'une certaine crudité de l'enfant. Où est-elle située ? Pas facile quand on commence à se demander si cette part est depuis toujours en nous-même, au moins en petits germes affreux, ou si c'est la vie qui finit par rendre les gens méchants ! Pour parler simple évidemment. Parce que ces deux œuvres vont bien au-delà. À fleur de peau. Je vous en conseille vivement la lecture.
Des ponts donc, des passerelles, des variations sur le même thème. Une approche jazz de la littérature.
Et ça fonctionne avec la musique évidemment. J'écoutais Michel Jonasz il y a quelques jours en me disant que Je veux pas que tu t'en ailles était un peu son Ne me quitte pas.

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