jeudi 6 janvier 2011

Erik et Ronan


Retour à un projet non abandonné mais laissé de côté quelque temps, Cavale oblige. Depuis un moment, je caresse le fantasme de faire se tenir debout un roman plus épais, plus vaste, où le lecteur aurait le temps de s'installer. Je tiens la trame de l'histoire, même si l'écriture réserve heureusement des surprises et des changements de direction. Il y aura deux voix d'adolescents parallèles. Le mode à suivre pour le moment est de proposer une fois l'une, une fois l'autre, et de faire évoluer ainsi la narration. Maintenant, je ne m'interdirai pas de brouiller les cartes si une autre structure me semble davantage apte à rendre ce que j'ai envie de coucher sur le papier. Comme chaque fois, je dois tout poser à plat pour espérer trouver les voix justes.
Surtout, je veillerai à me faire peu démonstratif. Quand on écrit pour la jeunesse, je crois qu'on a tendance, parfois, à vouloir expliquer les choses plusieurs fois, à repasser des couches multiples, afin d'être sûr d'être bien compris. Mais c'est une fausse piste. Plus d'implicite donc et deux voix seulement, parallèles, distinctes.
Je vais plonger et oublier le lecteur. On verra bien ce qui en ressortira.
Je n'aime pas trop la frontière qu'on place souvent entre littérature jeunesse et littérature tout court. Il y a un mépris de l'une pour l'autre, dans les deux sens. Le plus souvent, c'est vrai. C'est la grande qui se moque de la littérature jeunesse. Mais l'inverse est vrai. J'ai rencontré plusieurs auteurs jeunesse avouant avoir "commis" un "roman vieillesse". N'importe quoi ! Le seul mépris possible, il faut l'avoir pour les "faiseurs", ceux qui "fabriquent", dans le mauvais sens du terme. Et dans tous les romans, on en trouve non ? Jeunesse ou pas.
Ce qui compte avant tout, donc, c'est de garder à l'esprit l'importance de la littérature. Ce qu'elle permet d'ajouter au monde.
Ces jours-ci, je lis Pierre Autin-Grenier. Beau maître du texte court. Son dernier recueil paru chez Finitude l'année dernière, C'est tous les jours comme ça. Deux pages et demi lui suffisent pour ouvrir une porte. On ne sait plus vraiment où on est. Ça part d'un moment de rien du tout et ça déménage des montagnes sans en avoir l'air. Franchement, je crois qu'il faut en prendre de la graine. Soyons exigeants. Autrement, pas de salut !
Et pour la photo, sans vous dévoiler beaucoup du projet de roman remis à flot, il y a un rivage. Ce pourrait être celui-là. Des gros rochers et un peu de sable sur lequel on peut s'échouer.

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