jeudi 9 décembre 2010

Menteur

Je m'interroge souvent sur le rapport qu'un écrivain entretient avec le mensonge. C'est intéressant et troublant souvent, surtout quand je m'aperçois que même dans la vie quotidienne, j'ai besoin de ne pas tout savoir et de me mentir parfois à moi-même pour continuer d'avancer. C'est encourageant parfois de ne pas prendre toute la réalité en pleine face.
En tout cas, le mensonge est bien la matière première de la fiction. Et c'est grâce au mensonge parfois qu'on touche une part de la vérité.
Et la mémoire dans tout ça. Elle travaille comment ? Elle fait sa cuisine dans notre dos sans qu'on y puisse rien. Il y a des moments dont on aimerait se souvenir et on a beau chercher, on en trouve aucune trace. Il y a des moments qu'on aimerait oublier tellement ils font mal et rien n'y fait, impossible de les faire disparaître.
Mensonge. Vérité. Mémoire. Le travail de l'écrivain se tient quelque part par là. En tout cas mon travail. Le chemin que je trace. Inutile d'en faire une généralité.
Mais ça ne vous gêne pas un peu de vous débattre dans ces espaces ? À cette question que personne ne me pose, je répondrai bien : "Je n'ai pas le choix."
Et pour finir, une petite phrase de Fernando Pessoa qui donne du courage pour poursuivre : "La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas."

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