mardi 9 novembre 2010

Assouplissements

Je me rends compte, en avançant dans l'écriture de mon nouveau roman, que je m'autorise quelques libertés par rapport aux règles strictes que je me suis fixées au commencement. Règles de forme que je mets un peu de temps à élaborer avant chaque plongée dans l'écriture, en espérant éviter les problèmes de structure et de rythme. Mais il faut bien parfois, heureusement, pour toucher du doigt les sensations qu'on a envie de placer, ici ou là, lâcher prise totalement, s'autoriser des dizaines et des dizaines d'allers et retours pour toucher au but, et déformer avec bonheur la première structure mise en place. C'est ce que j'explique souvent aux élèves des classes quand ils m'interrogent sur ma façon de travailler. Je leur explique que je place un cadre, un peu comme la toile d'un tableau donc. Et que tout l'enjeu est de peindre en dehors de cette toile. Parce que forcément, les romans les plus puissants, je crois, sont ceux qui débordent. Qu'ils soient pour la jeunesse ou non ne change rien à l'affaire.
En avançant, je suis bien décidé à voir jusqu'où je pourrai faire déborder l'ensemble sans tout faire chavirer. Se tenir au bord. Trouver l'équilibre dans une histoire qui sera toujours tentée de vaciller.
J'ai une sensation assez curieuse. Celle d'avoir repris des personnages de mes romans précédents pour façonner ceux qui commencent à prendre visage et corps. On creuse toujours le même sillon. Je ne cherche pas à me renouveler mais davantage à voir comment je pourrais pousser le curseur plus loin. Je ne sais pas si j'y arriverai mais en tout cas, je me donnerai du mal pour aller dans ce sens.

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