lundi 27 septembre 2010

Les insulaires


Un moment déjà que j'entendais le nom de Pascal Garnier. Je viens de finir un volume paru chez Zulma au printemps dernier contenant trois de ses romans, parus initialement chez Fleuve Noir dans les années 90.
Style très visuel et narration hyper efficace. Un beau plaisir de lecture et la découverte d'une voix qui m'était encore inconnue. Une voix pleine de petites ruptures, de belles images poétiques.
C'est noir et drôle en même temps, plus subtil que ça en a l'air au début. En tout cas, voilà des romans à grande vitesse. Difficile de s'arrêter en chemin.
Chaque fois, Garnier plante le décor et tout s'emballe, avec un petit risque pour quelques invraisemblances, je pense au dernier des trois textes, Trop près du bord, peut-être un peu moins puissant que les deux précédents.
Garnier est un écrivain de climat. On pourrait dire un écrivain cinématographique. Il vous catapulte dans de belles ambiances glauques. Et si ses personnages ne sont pas des bourgeois, comme chez Claude Chabrol, il y a des points communs entre les deux univers, c'est certain. On ne voit pas tout de suite l'obscurité qui gagne dans chaque être.
Où l'on découvre (mais on le savait déjà non ?) que tout le monde est capable de craquer et de se trouver bientôt aux prises avec des démons très très noirs.
Ce qui effraie un peu et fascine aussi, c'est que le meurtre chez Garnier est finalement quelque chose d'assez ordinaire.
J'aurai beaucoup de plaisir à trouver d'autres titres en librairie bientôt.
Pascal Garnier : Les insulaires et autres romans (noirs). Éditions Zulma. 528 pages. 24,50 euros.

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