lundi 11 janvier 2010

Éclaircissement




On me pose souvent des questions pour savoir quels éléments romanesques sont tirés du réel, appartiennent à ma mémoire, et quels éléments sont imaginaires. Dans le très beau Seul le silence, roman au long souffle, j'ai trouvé des lignes qui me parlent très clairement sur le sujet. D'où l'envie de vous en faire profiter.

"Peut-être me disais-je que si j'écrivais suffisamment sur la réalité alors je me viderais, et que de ce vide naîtraient les fruits de l'imagination et de l'inspiration. J'écrirais alors quelque chose comme Steinbeck ou Fenimore Cooper, une œuvre de fiction et non une œuvre autobiographique. Ce ne fut que plus tard que je compris que les deux étaient liées : l'expérience, façonnée par l'imagination, devenait de la fiction, et la vie, vue à travers le prisme de l'imagination, devenait une chose que l'on pouvait mieux tolérer et comprendre."

Je vous recommande vivement la lecture de ce roman. Oubliez juste de lire les deux dernières pages. Les anglo-saxons se croient souvent obligés de refermer les portes et cela a le don de m'irriter. L'épilogue mise à part donc...

3 commentaires:

Laurent Richard a dit…

Je sens comme une petite critique de la fin de 6 feet… On en a pas recausé d'ailleurs ! Encore un billet très juste qui trouve aussi écho chez moi.

Benoît BROYART a dit…

Merci Laurent pour ton commentaire. Effectivement, c'est sans doute applicable à la fin de 6 feet under. Cette volonté de tout refermer alors qu'on pourrait laisser justement plus de liberté à chacun m'exaspère. Comme si tout retombait et qu'on nous imposait une vision et pas une autre. Malgré tout, Seul le silence est un très beau livre.

Libellune a dit…

J'ai lu aussi ce livre, il y a quelque temps, et j'ai été également bouleversée tant par l'intrigue que par le développement de la personnalité du héros savamment éclairé par l'auteur. De nombreuses fois je me suis crispée en lisant la souffrance des enfants qui habitent ce roman, mais plusieurs fois aussi j'ai souri en assistant à la naissance d'un écrivain.
Tu as raison, Benoît, c'est un très beau livre.