lundi 14 décembre 2009

Porosité pour 2010

J'ai souvent évoqué ici la porosité. Celle qui me fascine. Celle qui existe entre réel et fiction dès qu'on commence à forer dans sa mémoire pour raconter des histoires. À ce titre (à d'autres aussi), Dans les limbes de Jack O'Connel est une petite merveille. Tout est mêlé, en effet, dans l'inquiétante ville créée par l'écrivain. Porosité. Contamination. Ponts constants entre mémoire, fiction et réalité. Et cela me ramène à ma propre expérience, donc. Quelle est la nature exacte du matériau utilisé ? Il m'arrive parfois de tant remodeler des morceaux de mon passé que le roman devient pour moi une possibilité miraculeuse de me fabriquer des souvenirs. La mémoire déforme toute seule, c'est vrai, mais la démarche est ici plus radicale. Je peux écrire ce que j'aurais aimé ou ce que je n'aurais pas aimé être, faire, vivre, etc. Dans l'écriture, je cherche simplement à maîtriser la technique qui me permettra de me perdre dans la sensation mise en jeux. Je suis un acteur, je crois, davantage qu'un écrivain. Capillarité. Comme l'humidité remonte le long de la jambe quand on porte un pantalon un peu trop grand. Je me laisse gagner par la sensation. C'est tout l'objet du roman adulte entamé il y a un long moment et que je vais m'appliquer à poursuivre et terminer début 2010. Ce qui compte : écire un roman à sensations.

Aucun commentaire: