mercredi 8 juillet 2009

Lettre à Luc Diétrich

Bien cher Luc,
J'ai pensé à vous hier, comme j'y pense souvent. Il y a quinze ans environ que j'ai découvert votre œuvre, et plus précisément les deux romans qui la fondent. Simplement, j'ai fait le chemin à l'envers à l'époque, commençant par L'apprentissage de la ville et lisant Le bonheur des tristes un peu plus tard. Vos deux textes m'ont profondément marqué parce qu'ils contiennent, véhiculent la violence et la profondeur de l'enfance. Il y a dans votre langue une simplicité, une évidence qui me touchent. On avance et on se dit. Non, vraiment, je n'ai jamais rien lu de pareil. J'ai des images fortes dans mon souvenir. Et j'ai décidé de me replonger dans vos deux romans, en les lisant dans l'ordre cette fois-ci. J'ai replacé Le bonheur des tristes sur mon chevet.
Je regrette vraiment que ces deux textes ne soient plus disponibles en édition de poche, c'est-à-dire disponibles pour le plus grand nombre. Le temps qu'il fait est un bel éditeur mais enfin, je pense que vos romans mériteraient une diffusion plus large. Ils sont actuels comme tout élément littéraire doit l'être, c'est-à-dire inactuels parce que permanents. Merci, en tout cas.
Si j'écris aujourd'hui, vous êtes à mes côtés, avec quelques autres voix fortes. Celles de Louis Calaferte, de René Daumal (pas celui du Mont Analogue, pas le théoricien mais l'écorché vif, celui des premiers poèmes, nous y reviendrons dans un prochain billet), de Robert Desnos, de Sylvie Germain (celle du Livre des nuits)...
En attendant de retrouver votre voix, je vous salue bien bas.

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