jeudi 26 mars 2009

Lettre à Simona Vinci

Chère Simona Vinci,
Je vous écris aujourd'hui car je viens de replacer sur mon chevet votre magnifique roman Comme avant les mères. Je relis très rarement les livres déjà lus. Il y a L'étranger de Camus, parce que son apparent dépouillement me fascine. Je me dis Comment peut-on parvenir à mettre aussi peu de mots et autant d'espaces entre les mots pour que l'émotion, la sensation s'y insèrent ? Il y a Portrait de l'enfant, de Calaferte, dont j'ai déjà parlé ici, parce que j'aime le côté morcelé de ce texte. Comme si on avait entrepris de recoller des morceaux d'enfance arrachés, des lambeaux de ce que l'enfance possède de plus trouble, pour en faire un curieux collier. Et l'écriture de Calaferte est si précise !
Il y aura donc bientôt Comme avant les mères qui débute ainsi : "Le lit de la rivière était sec. On aurait dit la peau desséchée d'un vieillard, toute fripée, écaillée." Nulle doute que la traduction d'Arlette Lauterbach est excellente. De votre roman, il me reste un souvenir vif de votre capacité à capter ce qu'on pourrait appeler le trouble de l'enfance. Et on pourrait donner à ce mot tous les sens possibles. J'ai aussi, comme chaque fois, des images qui restent au fond de mon crâne. Je vois un enfant qui marche dans un marais blanc. Je sais que votre roman est beau et troublant, c'est pour cela que je vais y retourner de ce pas. Et pour finir cette lettre, j'emprunte quelques mots à Barbara : "Et pour tant de beauté, merci et chapeau bas."

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