mercredi 11 février 2009

Still le style

Très difficile de trouver la voix propre à un texte. Indispensable, aussi, pour le faire avancer. C'est une longue recherche et de nombreux tâtonnements. J'ai aujourd'hui besoin d'une voix brutale et directe, qui colle aux sensations de mes personnages. Je voudrais parvenir à vous emmener avec Greg.
Quand je relis aujourd'hui quelques pages du Corps en miettes, roman que j'ai publié il y a dix ans au Rouergue (toujours disponible !, merci à mon éditeur !), je suis horrifié. Je suis sûr que l'auteur de ces lignes n'est pas moi. Les phrases sont bien trop longues, détestablement précieuses. Il manque ici une notion devenue très importante pour moi : l'efficacité. J'ai envie que le lecteur tourne les pages. Ne puisse faire autrement que de tourner les pages. Plonge.
Travailler sur des textes en littérature jeunesse me semble formateur pour creuser l'efficacité autant que la structure d'un récit.
Et si je me sens, aujourd'hui, un écrivain différent, je me sens aussi un lecteur différent. Certains auteurs que je pensais fondateurs, me tombent des mains. En vrac, je pense à Marcel Moreau et à Claude Louis-Combet. J'adhère toujours à leur univers mais je ne peux plus les lire en raison de leur style, trop classique. D'autres restent et ne me quittent pas. Louis Calaferte, forcément. Et je découvre de nouveaux univers à l'efficacité phénoménale. Celui du japonais Murakami Ryu par exemple, dont je suis en train de lire la trilogie Ecstasy, Melancholia et Thanatos. Je reviendrai sur cet auteur dans un autre billet, c'est certain.

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