jeudi 8 janvier 2009

Inversion. Glaçant !

Guidé dans mon choix par Bérénice, libraire chez M'Lire à Laval – je vous conseille vivement de visiter leur blog (http://librairiemlire.hautetfort.com/) –, j'ai fait la découverte d'un grand écrivain, en la personne de Brian Evenson. On atteint rarement ces sommets quand on s'emploie à détailler la folie d'un personnage, le franchissement de frontière entre la réalité et la folie. Inversion, c'est l'histoire de Rudd, adolescent orphelin de père élevé selon les préceptes strictes de la religion mormone (l'auteur a quitté cette église, d'ailleurs quand il est entré en littérature, accusé d'écrire des textes jugés "blasphématoires"). Lors d'une recherche scolaire, Rudd découvre un crime sauvage perpétré par le petit-fils de l'un des fondateurs de l'église mormone. Il est fasciné par le geste du meurtrier et plonge, progressivement, dans une autre dimension. On suit, halluciné, les errements de la conscience de Rudd, la construction de ses doubles, la fragmentation de son identité. On voit la frontière poreuse existant entre rêve, réalité, hallucination. Evenson réussit un tour de force et je vais me précipiter sur ses autres textes. Attention, c'est très très noir. Je n'avais pas été autant secoué depuis longtemps. J'ai pensé, en lisant Inversion, à Spider de Patrick McGrath.

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