jeudi 12 juillet 2018

Partir en livre en Meuse...

La semaine prochaine, du lundi 16 au jeudi 19 juillet, je serai dans la Meuse pour participer à Partir en livre, à l'invitation de la bibliothèque départementale du département. Montmédy, Gondrecourt, le Lac de Bonzée, on fera des ateliers et vous pourrez voir et écouter lundi en fin d'après-midi à Montmédy Les contes de la cabine et Cavale mardi en fin de journée.
Programme complet des réjouissance sur le site de la manifestation, par ici.

vendredi 29 juin 2018

Nanaqui, le chantier se poursuit

Nous voilà revenus, avec Laurent Richard, à l'enfance d'Artaud. D'autres climats, d'autres dessins. Des couleurs magnifiques. J'ai de la chance de travailler avec Laurent. Sur la même longueur d'ondes, le plus souvent. 89 planches terminées sur un total de 120 environ. Une parution dorénavant prévue chez Glénat, dans la belle collection 1000 feuilles dirigée par Franck Marguin, en septembre 2019. Oui, dans un peu plus d'un an.
Que du bonheur. Et la perspective aussi, réjouissante, de repartir très vite sur un autre projet avec le même Laurent Richard, pour parcourir non les mêmes eaux mais d'autres eaux troublées assurément, entre adolescence, identité chancelante et poésie. Trop tôt pour vous en parler ici. Nous y reviendrons.

mardi 12 juin 2018

Des nouveaux Docs Benjamin en septembre...


Voilà les couvertures des prochains Docs Benjamin à paraître chez Milan début septembre. Julia, apprentie comédienne est illustré par Théo Calméjane et Lili, justicière des mers par Mathilde George.
Quand ils seront là, eh bien ça fera 16 titres parus dans cette collection.
Merci aux illustratrices et illustrateurs, aux lectrices et lecteurs et bien entendu aux éditons Milan pour leur confiance renouvelée.

vendredi 8 juin 2018

Salon du livre de Redon

Demain bah je serai par-là, pas trop loin de chez moi pour une fois, avec quelques chouettes collègues... Tu viendras ?

jeudi 31 mai 2018

L'ombre de Maldoror

Alors que le scénario construit autour de la vie d'Artaud sera bientôt bouclé... il reste bien entendu pour Laurent Richard, après tout ça, pas mal de boulot niveau dessins et couleur (même si plus de 70 planches sont d'ors et déjà réalisées), je commence à m'atteler à un nouveau projet de roman graphique. Sur ce chantier, nous avancerons Laurent et moi ensemble. J'ai tant de plaisir à travailler avec lui. Le plus souvent, on se comprend sans avoir à parler... ce qui, soit dit en passant, ne me pose pas de problème non plus, puisque je suis d'un naturel plutôt loquace.
Sur quoi se pencher après avoir arpenté l'existence d'Artaud, mes obsessions et mes chevaux de bataille restant les mêmes ? Une évidence qui se dessine progressivement. Proposer un travail autour des Chants de Maldoror de Lautréamont. Pas un roman graphique qui tenterait d'en embrasser l'intégralité, aucun intérêt à cela, et puis les chants existent déjà. Même si l'adaptation en bande-dessinée de textes de la littérature a le vent en poupe, ce qui m'intéresse n'est pas là. Mais bien plutôt, construire une narration ancrée dans le contemporain qui serait une lecture possible des chants, et utiliser le texte de Lautréamont pour développer une histoire moderne, celle d'un lycéen. Toujours les mêmes rivages... ceux de l'adolescence, de la porosité de l'adolescence, des moments où tout peut sombrer, où la personnalité se forge, où tout est possible donc, les chutes aussi.
J'en suis là. Et c'est excitant de voir les nouveaux chemins que nous allons pouvoir explorer. J'en rendrai compte ici dès que possible.
Pour l'heure, je retourne à Artaud. Les réunions de la rue Blomet, son incursion dans le Surréalisme, sa singularité évidente, ses incompatibilités d'humeur.

mardi 29 mai 2018

23es Rendez-vous de la bande-dessinée d'Amiens

Vendredi, direction Amiens pour les 23es Rendez-vous de la bande-dessinée.
Je serai là-bas samedi et dimanche.
L'occasion de revoir toute la merveilleuse équipe des éditions de la Gouttière et de l'association On a marché sur la bulle. Le plaisir de revoir aussi quelques collègues et non des moindres... Marc Lizano, Olivier Supiot, Matthieu Maudet, Thomas Priou, Stéphane Sénégas, Frédéric Maupomé, Greg Blondin, Dawid, Edith... Y'aura Zep aussi. C'est lui qui a fait l'affiche.
J'espère vous y voir.

Tout le programme est par ici.

jeudi 17 mai 2018

Ernée, troisième semaine de résidence

Ambiance hyper-concentrée cette semaine à Ernée. Troisième période de résidence avec l'ami Thomas Scotto afin d'écrire et de mettre en place notre lecture commune à voix haute.
La chance de retravailler Avec Caroline Girard sans laquelle Cavale, lecture en selle, n'aurait pas existé. La même exigence toujours, le texte écrit qu'il nous faut reconsidérer comme simple matière première, reponctuer, retravailler au corps.
Grand bonheur d'être une nouvelle fois en Mayenne et remerciements chaleureux à Clarisse Gougeon de la Communauté de communes de l'Ernée qui a eu la lumineuse idée de nous proposer cette résidence.
En attendant la dernière période de résidence qui se clôturera par une restitution à Ernée, le vendredi 21 septembre. En attendant la naissance de cette lecture commune qui je l'espère trouvera d'autres endroits où se lover, eh bien voici rien que pour vous un petit extrait.
Le principe retenu avec Thomas est le suivant. Thomas a choisi dans mes livres dix extraits de textes. Ces derniers lui ont servi de base pour écrire dix nouveaux textes. J'ai fait la même chose de mon côté. Voilà ce que cela peut donner.
  
Peut-être tu reviendras là… Après longtemps d’absence. Je t’entendrai faire tourner la clé dans notre sens préféré et, du sol au plafond, se remettra en route notre petite mécanique de printemps.
Thomas Scotto : Dans ma maison. La maison est en carton

Et ce sera comme si rien ne s’était passé. Rien de ce qui hante encore. Ta petite valise contenant quelques vêtements, ton sèche-cheveux et le saladier offert par ta mère, le saladier offert par mamy. Juste ça pour partir. Et laisser tout le reste : le mari, les enfants, la maison de lotissement, le couloir de chez nous si étroit, interminable, qui s’étire comme dans les cauchemars.
On peut courir. Le sol défile sous les pieds et on n’avance à rien. Et ton mari qui se roule par terre pendant que le grand-frère, celui qui devrait, pourrait, aurait pu, aurait dû me prendre sous son aile se replie, se rétracte comme une huître en haut de l’escalier. Si ça n’a pas d’ailes, ça sert à quoi un grand-frère ? Papa dit quelque chose comme Si tu passes cette porte, je te préviens, tu ne reviendras jamais. Et moi je ne suis rien dans l’histoire. Je suis seulement deux yeux dans l’histoire. Invisible et muet.
Le mari et le grand-frère, on les entend pleurer. Ça prend toute la place.
Peut-être tu reviendras là. Comme j’aurais aimé que tu reviennes. Après longtemps d’absence même. Ma porte toujours ouverte pour toi, avec des envies de te serrer finalement impossibles. Dans ma maison, avant qu’elle ne s’écroule pour quelques années.
Ce jour où tu as franchi la porte.
Et ça aurait tenu du miracle. J’aurais entendu ta voiture se garer sur le trottoir et tu aurais surgi, ta grosse mallette d’infirmière à la main, à toute vitesse. Tu serais rentrée à la maison et je t’aurais entendu faire tourner la clé dans notre sens préféré.